Non, rassurez-vous, je ne suis recherché par aucune police du monde, et normalement, je ne suis pas dans les fichiers d’Interpol, du moins je l’espère…
Je viens juste de retrouver cette photo d’identité qui traînait dans un coin.

L’histoire de cette photo commence à Ségou au Mali, quand je m’y suis rendu en 2004 pour y réaliser un film d’animation avec les enfants de la Fondation pour l’Enfance.
Avec ma collègue et amie Sophie Morice-Couteau, nous avions besoin de nous faire tirer le portrait pour renouveler nos visas (qu’on a fait 3 semaines en retard avec une bonne grosse amende dans ta face, de bien trois fois le salaire mensuel du bonhomme qui nous les a retamponnés, bref…). C’est au coin d’une rue que nous avons croisé un Ghanéen hilare dont c’était le métier et au sabir incompréhensible (un afro-anglophone avec un accent à couper au couteau et plein de dents en moins : imbitable…).

Le voilà qui nous fait poser devant le mur en banco du bâtiment le plus proche et nous fait comprendre de ne plus bouger pendant quelques dizaines de secondes (c’est très long quand il faut rester parfaitement immobile en plein soleil du Mali…), mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’il prenait ses photos à l’aide d’une simple camera obscura en carton avec du papier photo à l’intérieur !

En attendant que les photos soient développées, c’est à dire que le papier vire vaguement au gris une fois trempé dans un liquide noirâtre, il humecte un petit pinceau trois poils et nous “repeint” le blanc des yeux, ce qui nous donne ce regard si mauvais sur les photos. Il faut dire qu’on était en plein cagnard de l’après-midi ce qui fait qu’on fronce un peu les sourcils, ce qui donne cette petite touche de fugitif sur nos portraits.

Le plus drôle, c’est que j’ai ce portrait-là qui figure dans mon Passeport et j’en suis très fier !